Alors que la saison des fêtes de fin d’année approche à grands pas, les entreprises du monde entier se trouvent à nouveau mises au défi d’adresser à leurs clients une carte de vœux qui saura refléter leur identité de manière particulièrement mémorable. Or cette année pourrait bien être, et plus que jamais, le moment de renouer avec les clients, de se rappeler à leur bon souvenir tout en faisant bonne impression.

Alors que la saison des fêtes de fin d’année approche à grands pas, les entreprises du monde entier se trouvent à nouveau mises au défi d’adresser à leurs clients une carte de vœux qui saura refléter leur identité de manière particulièrement mémorable. Or cette année pourrait bien être, et plus que jamais, le moment de renouer avec les clients, de se rappeler à leur bon souvenir tout en faisant bonne impression.

Mais où la tradition des cartes de vœux puise-t-elle donc ses origines ? Comment s’assurer que des cartes de vœux marqueront véritablement les mémoires ? Les normes présidant à leur conception sont-elles les mêmes dans le monde entier ? Nous avons posé ces questions à nos partenaires du monde entier, et nous leur avons également demandé de nous donner leurs conseils sur le style et l’étiquette prévalant sur leurs marchés respectifs. Mais permettez-nous tout d’abord de vous conter une histoire. 

Un homme trop occupé pour écrire à ses amis

À voir les projets incroyablement créatifs qui sortent désormais chaque année des studios graphiques, on peine à imaginer que, jusqu’aux années 60 du siècle dernier, les cartes professionnelles envoyées à l’occasion des fêtes de fin d’année n’étaient souvent guère plus qu’une simple carte de visite assortie de la signature de son expéditeur. Avant cela, la tradition des cartes de vœux était essentiellement réservée au cercle intime de la famille ou des amis. Clairement identifiables, les débuts de cette pratique en font l’une des rares traditions de Noël dont les origines ne soient nullement controversées.

Weihnachtskarte von J. Callcott Horsley

En 1843, Sir Henry Cole, éminente personnalité anglaise et promoteur du service postal britannique, trouve une solution étonnante de simplicité pour répondre à l’arriéré de courrier sous lequel croule son bureau.

L’Angleterre victorienne est alors très stricte en matière de correspondance épistolaire et exige qu’une réponse soit donnée à tout courrier entrant. Cette étiquette met Sir Cole à rude épreuve : entretenant d’innombrables contact, il se retrouve ainsi avec plus d’un millier de lettres de vœux à rédiger.

Soucieux de satisfaire à ses obligations sans toutefois que celles-ci ne lui deviennent une charge insupportable, l’idée lui vient de demander à John Callcott Horsley, artiste de ses amis, de lui peindre une carte postale représentant un dîner de famille. Horsley s’exécute et lui remet une carte représentant également des enfants buvant du vin, ce qui ne manque évidemment pas de faire scandale.

Au dos, il fait imprimer une carte de vœux qu’il complète à chaque fois du nom du destinataire. Ce faisant, il signe la toute première carte de Noël jamais envoyée. Cette même carte est ensuite copiée pendant de longues années jusqu’à ce que des artistes ne décident de se lancer dans la confection de leur propre carte. Entretemps, la tradition se répand aux quatre vents et prospère rapidement au-delà des seules frontières du Royaume-Uni, et pour cause.

Du Japon aux États-Unis en passant par la Russie impériale et la totalité de l’Europe, la tradition commandait en effet, au lendemain de Noël et du Nouvel An, de rendre visite à tous ses proches. En cas d’absence, les visiteurs laissaient généralement une note écrite pour transmettre leurs meilleurs vœux. Proposant une alternative plus pratique, la carte de vœux se trouve donc rapidement adoptée dans le monde entier.

En 1875, Louis Prang, lithographe d’origine prussienne ayant émigré à Boston, crée ensuite, semble-t-il, la première carte de Noël originaire des États-Unis. Il apporte également un certain nombre d’innovations aux processus d’impression des cartes. Jusqu’à cette époque, en effet, les cartes étaient imprimées en noir et blanc avant d’être peintes à la main, ce qui en rendait la confection assez onéreuse. Ayant appris la technique de la chromolithographie en Allemagne, Prang parvient à imprimer et à diffuser des cartes couleurs en bien plus grand nombre : le processus de démocratisation des cartes de vœux est lancé.

À l’autre bout du monde, des marchands russes introduisent, quant à eux, la tradition des cartes dans l’Empire russe dans le courant des années 1890, en achetant des cartes sans texte sur lesquelles ils ajoutent des vœux en russe écrits à la main. Et, comme c’est le cas lorsqu’un phénomène fait le tour du monde, son évolution se ramifie et se diversifie pour s’adapter à chacune des régions dans lesquels il s’épanouit.

Weihnachtskarte von Louis Prang, US, Chromolithographie, 1875Carte de Noël de Louis Prang, États-Unis, Chromolithographie, 1875

Comment Dalí en vint à peindre une carte Hallmark, et comment le Père Noël se retrouva dans un vaisseau spatial

Dali.jpgLe secteur des cartes de vœux tel que nous le connaissons aujourd’hui a vu le jour en 1915, avec une société américaine répondant au nom de The Hall Brothers company. Réalisant que les gens ne disposaient pas d’assez de place pour d’écrire tout ce qu’ils voulaient sur une carte postale, les frères Hall modifient le format de la carte de visite pour le faire passer à celui que nous connaissons aujourd’hui : une carte 10 × 15 cm, pliée en deux et placée dans une enveloppe. Au cours des décennies qui suivent, la société décide également de commander des œuvres d’art à des peintres de renom pour orner ses cartes : Norman Rockwell, Salvador Dalí et bien d’autres sont alors sollicités. Le nouveau format connaît un succès foudroyant et, en 1925, la société change de nom pour prendre celui de Hallmark.

Au même moment, en Russie, la Révolution de Février 1917 met une fin abrupte à la tradition des cartes de vœux, et ce n’est que dans les années 1940 qu’un nouveau type de carte de vœux fait son apparition en URSS, mais uniquement  pour célébrer le Nouvel An.

Les cartes, qui sont alors souvent des images de guerre, visent essentiellement à informer la population soviétique des victoires remportées contre l’armée nazie, et il faut attendre la disparition de Staline pour que des thèmes plus traditionnellement liés aux cartes de vœux, tels que des représentations du Père Noël, du bonhomme de neige, de l’arbre du Nouvel An, etc. fassent leur réapparition. Les cartes demeurent toutefois imprégnées de propagande et relaient souvent des messages importants de l’époque, tels que la conquête de l’espace ou les expéditions en Antarctique. Aujourd’hui, les cartes de vœux envoyées à l’occasion du Nouvel An constituent toujours une tradition solidement établie en Russie et dans les pays slaves.

bandeau-cv-URSS-1.jpg1/ New Year Card, USSR 1941 2/ New Year Card, USSR 1950's 3/ New Year Card, USSR 1950's

Envoyer une carte de vœux : nos conseils en provenance du monde entier

À l’ère de la mondialisation, la plupart des pays du monde se sont désormais approprié la tradition des cartes de vœux. Pour naviguer en toute quiétude entre les différentes exigences sociales et éviter les écueils dans tous les pays, nous avons demandé l’aide de nos experts Antalis opérant dans le monde entier.

Timing

La plupart de nos experts sont d’accord entre eux pour ce qui concerne la question du timing ayant trait aux cartes de vœux : il convient de les envoyer au début du mois de décembre et elles ne doivent en aucun cas arriver après les festivités du Nouvel An. Il existe néanmoins quelques exceptions qui confirment cette règle.

La première concerne des pays imprégnés de culture orthodoxe, tels que la Russie, l’Ukraine ou la Géorgie. Comme l’explique ainsi notre experte Elena Berezina, « la Russie célèbre le Noël orthodoxe le 7 janvier, de sorte que l’envoi des cartes de vœux à la fin du mois de décembre est considéré comme tout ce qu’il y a de plus normal".

bandeau.jpg1/ Carte de vœux représentant une scène d’hiver sur Invercote pour Iggesund, par Santoro Graphics, R.-U  2/ Calendrier sur Olin Smooth blanc par Ann Maelfeyt pour An Brysse, imprimé par Puntgaaf Gedrukt, Belgique 3/ « Delicious and thoughtful new year wishes », coffret imprimé sur Curious Metallics, Chartreuse, par Ingrid Picanyol Studio, Espagne  4/ Carte de fêtes de fin dannée 2019 par Hélène Nounou pour Kering, imprimée sur papier Keaykolour, France

 

Le cas de la France fait également figure d’exception. Comme l’explique notre expert Jérôme Noyelle, « en France, il est, en effet, tout à fait possible d’adresser ses meilleurs vœux jusqu’à la fin du mois de janvier ; ce n’est pas considéré comme un problème ; il arrive d’ailleurs fréquemment que nous recevions des cartes de vœux de fin d’année qui arrivent juste après le Nouvel An, pour nous souhaiter tout ce qu’il y a de meilleur ».

Au Japon, le timing est vraiment crucial, car les cartes de Nouvel An (« nengajô ») doivent être remises à la date précise du 1er janvier. Pour que ce petit miracle soit possible, la poste japonaise propose à ses clients de conserver les cartes jusqu’au jour donné et de toutes les livrer à la date du 1er janvier. Lorsque vous recevez un nengajô, il est très mal vu de ne pas y répondre, de sorte que si vous avez reçu une carte de la part d’une personne à qui vous n’en aviez pas adressée, vous aurez jusqu’au 7 janvier pour lui en envoyer une. 
N’oubliez toutefois qu’il est d’usage de ne pas envoyer de vœux à une famille ayant eu à déplorer un décès en son sein au cours de l’année écoulée.

D’une manière générale, le plus sûr reste donc d’envoyer ses cartes de vœux au début du mois de décembre. Avec la Chine, le Vietnam ou la Corée, qui célèbrent leur Nouvel An au mois de février, ou le Cambodge et le Laos, pour lesquels ces festivités interviennent au mois d’avril, il va bien entendu de soi que les règles varient légèrement dans la plupart des pays asiatiques.

Style

À l’ère de Pinterest, si le style des cartes a tendance à se faire de plus en plus homogène, il n’en demeure pas moins que certaines particularités peuvent encore être trouvées en fonction des divers pays.

Au Japon, par exemple, la tradition du nengajô met souvent en valeur l’animal du zodiaque de l’année à venir, et ce, généralement sur un fond pastel.

Japanese Nengajo.PNGAux États-Unis, en revanche, la tendance consiste surtout à assortir les cartes envoyées pour la nouvelle année de citations propres à constituer une source d’inspiration Et, comme en France, plutôt que Noël, ce sont surtout les vœux de bonheur et de réussite du Nouvel An qui font l’objet d’illustrations.

Notre experte Daiva Mažvilaitė-Varnienė explique quant à elle que, en Lituanie, « si le papier métallisé est très prisé, la tendance à choisir du papier présentant une surface et des couleurs naturelles prend de l’ampleur. Les couleurs claires sont privilégiées, de même que la sobriété du design. Pas de papier glacé, ni d’impression brillante avec vernis UV ou dorure à chaud ”.

Dans la même veine, Saskia Rautzenberg explique que, « en Allemagne, la tendance est au papier de bonne qualité, avec des motifs simples, des couleurs de Noël assorties, mais sans effets superflus ».

En Espagne, Raquel Palencia évoque avec enthousiasme des projets de cartes de vœux très innovants, dans lesquels le papier devient un vecteur d’expérience sensorielle.

En Russie, bien que les cartes ne contiennent pas de vœux de Noël, les illustrations des cartes font toutefois souvent référence à des thèmes traditionnels de Noël. La Russie présente également une autre particularité : si vous avez manqué les vœux du Nouvel An, nos experts expliquent qu’il ne faut pas trop s’en formaliser, car, pour les entreprises, la Journée de la femme est un moment de communication beaucoup plus important.

Forts de ces conseils, vous pouvez désormais adresser vos vœux à vos clients du monde entier. Mais avant d’expédier vos cartes, permettez-nous d’ajouter un dernier conseil : nous avons, au fil des ans, remarqué que certaines entreprises étaient tellement concentrées sur la course à la créativité qu’elles en oubliaient finalement d’inclure leurs meilleurs vœux dans leurs cartes … de vœux... En ces temps de distanciation physique, les cartes de vœux peuvent, certes, être un moyen utile de communiquer avec les clients, mais n’oubliez pas d’y formuler le message que vous souhaitez leur adresser. L’expérience sensorielle du papier peut, à cet égard, se révéler tout à fait indiquée pour renouer avec eux après l’étrangeté de ces derniers mois. Nous sommes, bien entendu, curieux et impatients de découvrir les projets qui émergeront en ce sens, à un moment où les expériences sensorielles sont plus nécessaires que jamais.

bandeau-cartes-de-v┼ôux-2.jpg1/ Carte de vœux imprimée à chaud par l’Imprimerie Chauvat-Bertau  2/ Carte de vœux par Demon Press, Russie
3/ Cartes de vœux sur Pop’set Storm par Mark + Fold, R.-U  4/ Carte de printemps assortie dune citation du poète Maïakovski, Russie 

 

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